JEAN-FRANCOIS LEPETIT
Par Myriam MARIN-CELIBERT, lundi 6 novembre 2006 à 23:23 :: LES PRODUCTEURS FRANCAIS :: #95 :: rss
Producteur, Coproducteur, Producteur exécutif français
Mini-bio :
Jean-François Lepetit est né le 12 Septembre 1953 à Bordeaux.
Après des études secondaires (Bac Littéraire), il fait un IUT carrière sociale et des études de sociologie à l'Université de Bordeaux III.
A 15 ans, il avait déjà fondé un ciné-club à Bordeaux. Il deviendra plus tard responsable de la cinémathèque régionale de la Ligue de l'Enseignement. Dans ce cadre, il organise plusieurs manifestations de promotion et de valorisation du cinéma en Aquitaine, dont la première université d'été de la communication avec le Crepac d'Aquitaine.
En 1982, il monte à Paris pour travailler dans la distribution, d'abord aux Films Molière puis à la Twentieth Century Fox. L'année suivante, il crée sa propre maison de distribution, Flach Film, qui se tournera très rapidement vers la production. Il démarre ainsi avec le réalisateur Jacques Doillon en produisant La vie de famille (1985) et prend ensuite le pari de produire Trois hommes et un couffin de Coline Serreau à la lecture d'un synopsis de trois pages. Sa carrière de producteur est lancée...
On le verra même en tant qu'executive producer pour le compte de Disney sur Three men and a baby (1987) de Leonard Nimoy, remake du film de Coline Serreau, et sa suite Three men and a little lady (1990) d'Emile Ardolino ainsi que sur Paradise (1991) de Mary Agnes Donoghue, remake du Grand chemin de Jean-Loup Hubert.
Sa société de production occupe une place originale dans la production de cinéma et de télévision et a su conserver une dimension artisanale garante de qualité et d'indépendance.
Mû par un désir et une passion toujours renouvelés, soucieux d'une implication personnelle dans chaque film, du texte à l'image, elle s'ouvre aux nouveaux talents tout en s'attachant à la collaboration de noms prestigieux en France et à l'étranger.

Interview :
Droits d'auteur : "Le film indépendant est menacé au premier chef"
Propos recueillis par David STRAUS
Jean-François Lepetit, producteur et president de la Chambre Syndicale des Producteurs de Films, estime que trois quarts de la production française seraient détruits par la licence globale, faute de préfinancement. Il considère la "riposte graduée" comme "une forme de dépénalisation" pour le téléchargeur occasionnel.
tf1.fr : Comment expliquez-vous le vote des députés, le 21 décembre dernier, ouvrant la voie à la licence globale, c'est-à-dire d'un système où l'internaute paye mensuellement un forfait pour télécharger librement musique et films ?
J.-F. L : Nous avons été surpris de voir comment ont prospéré les arguments les plus démagogiques et ignorants des réalités des industries culturelles, y compris parmi des parlementaires qui estiment, manifestement à tort, maîtriser le sujet. Il y a manifestement une vraie méconnaissance des enjeux et des modes de financement de la création en France, et nous allons mettre à profit l'interruption des débats pour faire de la pédagogie, et expliquer concrètement aux parlementaires et responsables politiques comment ils vont tuer la création en maintenant un dispositif de licence globale. Nous espérons qu'ils sauront écouter et comprendre ces arguments.
tf1.fr : Pouvez-vous nous rappeler le fonctionnement de la production cinématographique en France ?
J.-F. L. : La production repose sur le préfinancement des oeuvres, que les professionnels et les pouvoirs publics ont organisé notamment grâce à un cycle d'exploitations successives, défini média par média et organisé dans le temps, qui permet à chacun d'en espérer une rentabilité pendant sa période d'exclusivité. C'est ce qu'on appelle la chronologie des médias. Le producteur indépendant prévend le film sur scénario, chaque support d'exploitation investissant par anticipation sur ses recettes d'exploitation futures. Les sommes ainsi récoltées permettent le financement du film, et garantissent en grande part la prise en charge du coût de production par le producteur.
tf1.fr : Prenons l'hypothèse d'une adoption définitive de la licence globale. L'industrie du cinéma française peut-elle y faire face ?
J.-F. L. : La création indépendante qui représente plus des trois quarts de l'offre cinématographique française, serait touchée au premier chef par ce mécanisme destructeur, car elle n'a pas, à la différence des "majors", les moyens économiques d'attendre l'éventuel retour sur investissement, même minime, proposé par la licence globale. Les producteurs indépendants doivent en effet compléter leur apport en fonds propres par des financements de nombreux partenaires.
tf1.fr : Proposez-vous l'interdiction totale du peer-to-peer ? Est-ce que la mise à disposition de biens culturels sur Internet doit se limiter à la vidéo à la demande (VoD) et aux magasins de téléchargement en ligne de type "iTunes" ?
J.-F. L. : Le formidable outil de diffusion des oeuvres culturelles que constitue Internet ne sera une opportunité pour la création indépendante et le consommateur que s'il passe par le développement d'une véritable offre légale sur Internet. Les professionnels du cinéma ont d'ailleurs récemment signé avec les fournisseurs d'accès à Internet et les chaines TV un accord sur le "cinéma en ligne". La diffusion numérique des oeuvres pourrait très bien reposer sur la "superdistribution" que permet le P2P, mais dans un cadre exclusivement légal, permettant l'indispensable rémunération de ceux qui ont contribué à la création de ces oeuvres, et en vivent. L'utilisation de logiciels P2P pour distribuer les offres légales permettrait notamment d'abaisser de façon importante les coûts de bande passante des opérateurs de VOD, et donc de baisser le prix final au consommateur.
tf1.fr : Défendez-vous le système de riposte graduée ? Considérez-vous qu'une peine de prison est crédible ?
J.-F. L. : Le développement des offres légales de cinéma en ligne passe parallèlement, et de façon indispensable, par une lutte vraiment efficace contre la piraterie de masse, en créant un nouveau cadre législatif dans une approche délibérément pédagogique et mesurée. Contrairement à ce qui a pu être dit sur le sujet, l'approche graduée est précisément une alternative proportionnelle et progressive aux dispositions pénales existantes en matière de contrefaçon, qui intègre une dimension pédagogique préalalable. On peut la considérer comme une forme de dépénalisation pour le "simple" téléchargeur, mais elle a vocation à être appliquée à tous, et donc à enrayer le phénomène du piratage, destructeur pour la création.
tf1.fr : Les internautes font souvent un parallèle entre la licence légale et les cartes d'abonnement de cinéma (UGC ou MK2-Gaumont). Est-ce transposable ?
J.-F.L. : Ce n'est pas du tout la même chose ! Les cartes illimitées correspondent à un choix commercial des certains opérateurs privés, qui n'a rien à voir avec une sorte de collectivisation de la culture que propose la licence légale. D'ailleurs, les auteurs, artistes et producteurs des films perçoivent quand même une rémunération proportionnelle aux entrées effectuées grâce à une carte d'abonnement (l'équivalent d'une entrée à 5 €). C'est ensuite à l'émetteur de la carte de déterminer son équilibre économique, entre les gros consommateurs de films, et ceux qui n'y vont qu'une ou deux fois par mois. Si Itunes veut faire un forfait pour ses clients, il le peut. D'ailleurs l'accord sur le "Cinéma à la demande" récemment signé entre les professionnels du Cinéma, les FAI et les chaînes de télévision prévoit les conditions de telles offres par abonnement.
(1) producteur et president de la Chambre Syndicale des Producteurs de Films.
Source : TF1 le 10 janvier 2006
Filmographie :
Producteur
La Capture (Prochainement), de Carole Laure
Single again (Prochainement), de Joyce Sherman Buñuel
Le Mas des alouettes (2007), de Paolo Taviani
Une vieille maîtresse (2007), de Catherine Breillat
L'Oncle de Russie (TV) (2006), de Francis Girod
La Vie est à nous ! (2005), de Gérard Krawczyk
Anatomie de l'enfer (2004), de Catherine Breillat
Sex is comedy (2002), de Catherine Breillat
Confession d'un dragueur (2001), de Alain Soral
A ma soeur ! (2001), de Catherine Breillat
La Faute à Voltaire (2001), de Abdellatif Kechiche
Romance (1999), de Catherine Breillat
Marthe (1997), de Jean-Loup Hubert
TGV (1997), de Moussa Toure
Pasolini, mort d'un poète (1996), de Marco Tullio Giordana
Les Caprices d'un fleuve (1996), de Bernard Giraudeau
Confidences à un inconnu (1996), de Georges Bardawil
Killer kid (1994), de Gilles de Maistre
Elles ne pensent qu'à ça ! (1994), de Charlotte Dubreuil
Le Brasier (1991), de Eric Barbier
L'Eté en pente douce (1987), de Gérard Krawczyk
Sale destin ! (1987), de Sylvain Madigan
La Femme secrète (1986), de Sebastien Grall
Trois hommes et un couffin (1985), de Coline Serreau
La Vie de famille (1985), de Jacques Doillon
Producteur exécutif
Chambre à part (1989), de Jacky Cukier
Trois hommes et un bébé (1987), de Leonard Nimoy
Coproducteur
Jane Eyre (1996), de Franco Zeffirelli
Producteur
La Capture (Prochainement), de Carole Laure
Single again (Prochainement), de Joyce Sherman Buñuel
Le Mas des alouettes (2007), de Paolo Taviani
Une vieille maîtresse (2007), de Catherine Breillat
L'Oncle de Russie (TV) (2006), de Francis Girod
La Vie est à nous ! (2005), de Gérard Krawczyk
Anatomie de l'enfer (2004), de Catherine Breillat
Sex is comedy (2002), de Catherine Breillat
Confession d'un dragueur (2001), de Alain Soral
A ma soeur ! (2001), de Catherine Breillat
La Faute à Voltaire (2001), de Abdellatif Kechiche
Romance (1999), de Catherine Breillat
Marthe (1997), de Jean-Loup Hubert
TGV (1997), de Moussa Toure
Pasolini, mort d'un poète (1996), de Marco Tullio Giordana
Les Caprices d'un fleuve (1996), de Bernard Giraudeau
Confidences à un inconnu (1996), de Georges Bardawil
Killer kid (1994), de Gilles de Maistre
Elles ne pensent qu'à ça ! (1994), de Charlotte Dubreuil
Le Brasier (1991), de Eric Barbier
L'Eté en pente douce (1987), de Gérard Krawczyk
Sale destin ! (1987), de Sylvain Madigan
La Femme secrète (1986), de Sebastien Grall
Trois hommes et un couffin (1985), de Coline Serreau
La Vie de famille (1985), de Jacques Doillon
Producteur exécutif
Chambre à part (1989), de Jacky Cukier
Trois hommes et un bébé (1987), de Leonard Nimoy
Coproducteur
Jane Eyre (1996), de Franco Zeffirelli
directeur de production producteur cinema television productrice tournage plateau comedien
C O MMU N I Q U E D E P R E S S E
ONZE ORGANISATIONS PROFESSIONNELLES
SOUTIENNENT L’ACTION DE FLACH FILM CONTRE GOOGLE
L’ Association des Producteurs de Films (API)
La Chambre Syndicale des Producteurs de Films (CSPF)
Les Distributeurs Indépendants Réunis Européens (DIRE)
La Fédération Nationale des Cinémas Français (FNCF )
La Fédération Nationale des Distributeurs de Films (FNDF)
Le Syndicat de l’Édition Vidéo (SEV)
Le Syndicat des Producteurs Indépendants (SPI)
La Société des Réalisateurs de Films (SRF)
L’Union de l’Édition Vidéographique Indépendante (UNEVI)
L’Union des Producteurs de Films (UPF)
L’Union Syndicale de la Production Audiovisuelle (USPA)
déclarent leur total soutien à l’action en justice menée par Flach Film contre Google
France dont l’activité d’hébergeur révèle en réalité une pratique d’éditeur. En mettant en
avant certains programmes, en laissant diffuser une oeuvre dans son intégralité sans
aucune autorisation des ayants droit alors qu’il dispose des moyens techniques
d’empêcher cette pratique, Google doit assumer un comportement qui engage sa
responsabilité au regard du droit de la contrefaçon. De plus, ce type de diffusion
pénalise toutes les autres formes d’exploitation contractuellement autorisées. Il est
temps que cesse ce type d’abus qui met gravement en péril toute la filière
professionnelle qui va de la création à la diffusion audiovisuelle et cinématographique.La Chambre Syndicale des Producteurs de Films (CSPF)
Les Distributeurs Indépendants Réunis Européens (DIRE)
La Fédération Nationale des Cinémas Français (FNCF )
La Fédération Nationale des Distributeurs de Films (FNDF)
Le Syndicat de l’Édition Vidéo (SEV)
Le Syndicat des Producteurs Indépendants (SPI)
La Société des Réalisateurs de Films (SRF)
L’Union de l’Édition Vidéographique Indépendante (UNEVI)
L’Union des Producteurs de Films (UPF)
L’Union Syndicale de la Production Audiovisuelle (USPA)
Fait à Paris, le 30 novembre 2006

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